vendredi 22 janvier 2010

"Ne dirait-on pas une ville étrange?"

Jules Verne
Voyages extraordinaires, aventures du capitaine Hatteras au pôle nord
Paris : Hetzel, [189?].
Lyon 1, Musée d'anatomie

Les voyages extraordinaires du capitaine Hatteras ont été publiés à partir de 1867 dans la revue « Magasine d'éducation et de récréation », une revue pour la jeunesse. On retrouve dans ce texte les trois thèmes précédemment abordés : conquête des terres et du pôle, l’étude ethnographique et la survie. Mais les textes de Jules Verne sont surtout représentatifs de la fascination qu’exercent les pôles. Le fait que ceux-ci aient toujours été localisés (du moment que la terre est ronde elle a des pôles) sans être explorés augmentait encore le mystère de ces terres puisque la certitude de l’existence ne pouvait s’accompagner d’aucune description de ce qui existait. Et quand les premiers explorateurs partent pour les pôles leurs découvertes sembleront aussi étranges que les imaginaires des romanciers.

Ainsi cette gravure (qui illustre une phrase du texte : « Ne dirait-on pas une ville étrange ? ») montre cette vision fantasmagorique des pôles, vision féerique où le ressemblant est toujours absolument différent, et offre l’espoir d’un renouveau possible.Pourtant l’éblouissement se transforme rapidement en angoisse, les pôles étant aussi le lieu de tous les périls. Les paysages sont décrits à la fois par un vocabulaire lié à l’étrange et au désespoir. Ainsi Jules Dumont D’Urville disait : « Nul aspect au monde ne peut être plus triste, plus repoussant que celui de ces contrées désolée. », et pourtant il y revint. Les terres sont inhabitables, elles rendent fou et violent...mais s’il est un voyage extraordinaire, c’est bien celui-ci.

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